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Les méthodes de recherche au LDES

Qui peut dire encore que le laboratoire n’a pas de méthode de recherche !..

La planète allostérie (suite)

Depuis une dizaine d’années, les mécanismes de "l’apprendre" ont été transformés radicalement avec l’émergence du « modèle allostérique ». Aujourd’hui, nombre d’équipes de part le monde l’emploient avec succès (modelo alostérico de aprendizaje o MAA, allosteric learning model), et pas seulement en sciences où il a été développé. Il est en usage dans l’enseignement des langues, des sciences humaines, des sciences économiques, de l’éducation physique et sportive, des mathématiques, etc...

On l’emploie aussi bien en école maternelle que dans l’enseignement universitaire. Ce qui à terme va faire évoluer… et l’enseignement, « ce n’est pas parce que l’enseignant enseigne que l’élève apprend » !, et la structure de l’école. Trop de méthodes actuelles empêchent d’apprendre : le saucissonnage des cours de l’emploi du temps, des disciplines, ...

Ainsi le modèle allostérique est très en usage dans des domaines moins sclérosés que l’école: la formation professionnelle des ingénieurs, des techniciens, des apprentis, etc.,., dans la médiation « vivante » et par l’intermédiaire des Technologies de L'information et de la Communication (TIC) , L’éducation à la santé et l’éducation thérapeutique s’y initient avec sérieux, notamment par le biais de la formation des personnels soignants. L’allostérie est même le support de quelques expositions et projets de musée.
L’emploi le plus original toutefois est en entreprise, dans le cadre des « entreprises apprenantes ». L’allostérie permet de repenser les questions d’organisation, de communication et de mémoire…

L’allostérie et « l’apprendre »

Le modèle allostérique permet d’appréhender "l’apprendre" dans ses véritables dimensions. L’apprendre est un processus complexe qui ne peut être réduit à une méthode pédagogique unique. Trop de didactisme peut même empêcher d’apprendre, tout comme un excès d’autonomie laissé à l'apprenant peut empêcher l’accès aux savoirs.

C’est même un processus totalement paradoxal. Seul, l’apprenant peut apprendre à partir de ce qu’il est, de ce qu’il connaît déjà … mais pas tout seul. Si l’on apprend beaucoup de soi et par soi, par expérience, on apprend également des autres, particulièrement à travers le patrimoine accumulé par ceux qui nous ont précédés.

L’apprenant apprend à partir de ses conceptions qui constituent le seul outil à sa disposition. Et pourtant, il doit aller à l’encontre de celles-ci. En réalité, l’apprendre est bien plus qu’une simple construction. Pour élaborer son savoir, l’apprenant se doit en parallèle de déconstruire ce qu’il connaissait déjà ! Ce qui lui est toujours le plus difficile…

Dans tous les cas, l’apprenant doit être toujours considéré comme « l’auteur » de son savoir. Personne ne peut apprendre à sa place. Apprendre, c’est se questionner, se confronter à la réalité, se confronter aux autres, s’exprimer, argumenter, mettre en réseaux, multiplier les expériences … sans garantie contre les obstacles. Ce qui ne veut pas dire que l’enseignant, l’école, la formation n’ont plus leur place ! Bien au contraire… Leur rôle est de créer du désir, interpeller, accompagner, fournir des espaces de travail et des « aides à penser » ou encore servir de repères. L’important est de mettre à disposition de l’apprenant un environnement allostérique pertinent qui interfère en permanence avec ses conceptions.



Un environnement allostérique favorable à l’apprendre

L'allostérie et l'école

Oui ! On peut apprendre à l’école mais pas dans importe quelles conditions ! Les "conceptions" de l’apprenant sont un point de départ. Avant d’entamer un cours, quelques questions s’imposent, pour dresser une sorte d’état des lieux du public: Qu’est-ce que les élèves ont envie d’apprendre sur le sujet ? Qu’est-ce qui les préoccupe ? Qu’ont-ils déjà en tête ? Comment se représentent-ils les questions traitées dans le cours ? Sur quoi puis-je (moi, l'enseignant) m’appuyer pour faire avancer les apprenants ? Ce qui ne veut pas dire que l’enseignant doit toujours commencer ainsi sa classe, sous peine de provoquer l’ennui ! L’important est qu’il ait en tête ces questions.

Une avancée dans l’apprendre n’est pas seulement le fait de l’individu comme le martèlent les constructivistes, ou le fait du contexte, comme le suggèrent les behavioristes. Elle résulte d’une émergence née de l’interaction des deux. Nouveau paradoxe : l’individu ne peut "élaborer" que par lui-même, mais en s’appuyant sur l’expérience des autres. Dans le même temps, l’apprenant n’élabore pas seulement un savoir, il détermine aussi son propre processus d’apprentissage. Ce n’est que lorsqu’une connaissance revêt pour lui un sens qu’il se l’approprie et fait évoluer son système de représentation.

L’allostérie et l’entreprise

Face à une économie de marché de plus en plus complexe, apprendre est devenu, pour l'entreprise, le meilleur moyen de rester compétitif. Pour progresser, il s’agit de transformer ses pratiques, ses mentalités, ses manières de gérer le contexte et tirer partie de ses réussites et de ses échecs.

L'entreprise peut développer une « culture apprenante », dans laquelle chaque collaborateur, chaque équipe et à terme, toute l'entreprise, pourra optimiser son potentiel. Une entreprise devient "apprenante", quand d'une part, elle capitalise et transfère les expériences, les compétences individuelles et collectives créées au sein de son organisation et quand d'autre part, elle permet à ses collaborateurs d'expérimenter, de créer et de se transformer en toute confiance.

Le modèle allostérique, associé à une démarche "physionique" permet de (re)penser l'organisation du travail, le management, l'anticipation des compétences et la formation dans le cadre d’un projet d'entreprise partagé.


© Laboratoire de Didactique et d'Épistémologie des Sciences 2008